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Chapitre
rencontres et amis
En été 65, vinrent s'installer à
Villefranche sur mer, à quelques kilomètres de Nice,
Robert Filliou et George Brecht. J'avais déja sympathisé
avec Robert Filliou l'année précédente. Après
que j'aie joué à la roulette russe, il m'avait dit
: "Ne refais jamais ça". Ils vinrent là
pour créer un petit local pour y montrer et vendre diverses
éditions de Fluxus, des nouveaux réalistes et des
oeuvres de copains.
J'appris à les connaître d'abord en faisant des travaux
d'électricité et de peinture ; ensuite en venant
les voir très souvent. George Brecht, Filliou, Eric Dietman
et moi-même formions tellement un groupe qu'on finissait
par dire que nous étions l'Ecole de Villefranche. Il faut
dire que tous les quatre, nous buvions beaucoup et la plupart
des artistes niçois trouvaient que cela faisait mauvais
genre. Je me souviens d'une parole d'Erik : "Qu'est-ce que
c'est que ces mecs de l'Ecole de Nice, ils ne boivent pas, ils
ne fument pas, baisent-ils seulement ?" Je fus leur premier
client. J'achetais pour 5 Francs une feuille de timbres Fluxus.
Par leur sérénité et leur générosité,
Robert et George m'ont beaucoup apppris. Je ne saurais dire quoi
mais c'est de penser à eux et aux moments qu'on avait passé
ensemble qui m'a permis de tenir le coup en prison.
C'est par eux quej'ai connu Daniel Spoerri, qui nous a invité
à manger, Marianne, Robert Filliou et moi-même.
En arrivant à la Trappa, il a demandé au garçon
: "Vous avez des couilles ?". Heureusement le garçon
a tout de suite compris qu'il s'agissait de testicules de mouton
et a répondu oui. Depuis, quand nous nous retrouvons, c'est
la fête. Nous ne nous retrouverons plus avec Robert Filliou.
Un autre ami que je ne retrouverais plus, c'est Thierry Agullo.
Nous avons fait connaissance dans un vernissage quelconque à
Paris vers 1975 et avions immédiatement sympathisé.
Entres autres, parce que nous avions tous deux une belle descente
et à peu près les mêmes idées sur l'essence
subversive de l'art et la provocation.
En 1978, il m'avait invité chez lui à Budos pour
me montrer des documents et faire un tir sur un livre qui s'appelait:
l'Empan. Le geste s'intitulait : "Pan sur l'Empan".
Malgré mon bras dans le plâtre, je fis mouche à
tous les coups. C'est chez lui que je retrouvais Dominique Jalabert
quej'avais déja vu à La Rochelle, à Montauban
et à Grasse en 1973.
Le principal défaut de Dominique est la modestie. Il m'a
beaucoup aidé et encouragé. Je citerai aussi Sacha
Sosno et Jean Mas, amis niçois sur qui je sais que je peux
compter et qui peuvent compter sur moi.
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